Les activités industrielles génèrent souvent le besoin de transport de marchandises dites dangereuses. Il peut s’agir de produits pétroliers, chimiques ou radioactifs qui présentent des risques pour la santé, l’environnement et la sécurité lors de leur acheminement. Le transport de matières dangereuses (TMD) doit donc être encadré par des normes strictes pour éviter tout incident. Dans cet article, nous abordons les principaux aspects liés au TMD, notamment les modes de transport utilisés, les régulations en vigueur et les bonnes pratiques à respecter.

Liste des matières dangereuses

La première étape dans la gestion du TMD est de déterminer si une substance ou un objet représente effectivement un danger. Pour cela, on se réfère aux classes de danger définies par les Nations Unies, qui sont au nombre de neuf :

  1. Explosifs
  2. Gaz
  3. Liquides inflammables
  4. Matières solides inflammables, substances autoréactives et solides désensibilisées explosives
  5. Oxydants et peroxydes organiques
  6. Substances toxiques (empoisonnantes) et infectieuses
  7. Matières radioactives
  8. Corrosifs
  9. Divers

Chaque catégorie est à son tour subdivisée en divisions, ce qui rend la classification des matières dangereuses précise et facilement identifiable par les professionnels concernés.

Les différents modes de transport pour le TMD

Le choix du moyen de transport pour acheminer les matières dangereuses dépend principalement de la nature du produit à transporter et de l’itinéraire à emprunter. Les options sont :

Le transport routier

La majorité du TMD se fait par voie routière, car c’est souvent la solution la plus flexible et économique. Cependant, le trafic important sur les routes et le risque d’accident augmentent les dangers potentiels.

Le transport ferroviaire

Le train offre une alternative au camion pour les longues distances et les grands volumes. Si les incidences environnementales y sont réduites, le coût peut être un frein à cette option dans certains cas.

Le transport maritime

Lorsqu’il s’agit de traverser les océans, les navires spécialisés sont utilisés pour transporter les matières dangereuses. Ils répondent aux normes internationales en vigueur et disposent d’équipements spécifiques pour assurer la sécurité.

Le transport aérien

Enfin, le transport par avion est également possible pour certaines matières dangereuses, mais il est soumis à des contraintes très strictes en termes de quantité maximale et de conditionnement.

Les réglementations et normes en vigueur

Pour prévenir les risques liés au TMD, diverses réglementations sont mises en place aussi bien au niveau national qu’international. Parmi ces textes :

Le Code de la Route français pour le transport routier

En France, l’arrêté du 29 mai 2009 relatif aux transports de marchandises dangereuses par voies routières (appelé ADR) fixe les dispositions applicables sur le territoire. Il prévoit notamment des dispositions spécifiques concernant les véhicules, les conducteurs, ainsi que le chargement et le déchargement des marchandises.

Le RID pour le transport ferroviaire

Le Règlement concernant le Transport International Ferroviaire des marchandises Dangereuses (RID) régit les transports de matières dangereuses par voie ferrée à travers l’Europe.

L’accord ADN pour le transport maritime sur les voies d’eau intérieures

Cet accord européen concerne les transports de marchandises dangereuses par voie d’eau sur les canaux et rivières, et impose certaines conditions aux navires, équipages, et exploitants de ces activités.

La Convention SOLAS et le Code IMDG pour le transport maritime

La Convention internationale pour la Sauvegarde de la Vie humaine en Mer (SOLAS) et le Code international des Marchandises Dangereuses (IMDG) constituent le cadre réglementaire pour les transports maritimes de matières dangereuses.

L’IATA et les Accords de Montréal et Tokyo pour le transport aérien

Enfin, l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) produit des règlements pour le transport des marchandises dangereuses par avion. Les accords de Montréal et Tokyo viennent également préciser la responsabilité des transporteurs aériens et les sanctions en cas d’infractions.

Bonnes pratiques de sécurité en matière de transport de marchandises dangereuses

Réduire les risques lors du TMD passe par une série de bonnes pratiques à adopter par tous les acteurs concernés :

  • se conformer aux réglementations locales et internationales en vigueur
  • choisir le mode de transport approprié selon la nature de la marchandise et les distances à parcourir
  • former le personnel intervenant dans la chaîne de transport (conducteurs, chargeurs, etc.) à la manipulation et au traitement des matières dangereuses
  • utiliser des emballages adaptés et homologués
  • mettre en place des mesures d’urgence en prévision d’éventuels incidents : plans d’intervention, équipements de lutte contre l’incendie, etc.

Le TMD reste un enjeu majeur pour les entreprises et les autorités en termes de santé, d’environnement et de sécurité. La maîtrise des risques passe par une connaissance approfondie des matières dangereuses et de leur réglementation, ainsi que le respect des bonnes pratiques.

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